Karine Le Marchand, «Les valeurs, c’est ce qui nous pousse vers le haut toute la vie»

 

Nous avons rencontré Karine Le Marchand dans sa boite de production, Potiche Prod. Un accueil chaleureux, tout sourire, Karine est exactement comme on l’imaginait ! On espère que cette interview vous permettra d’en savoir davantage sur cette femme chouchoute des français(es).


Qui est Karine Le Marchand ?

Je suis une femme en constante évolution, j’essaye au mieux de devenir l’adulte dont je rêvais petite.

J‘ai toujours travaillé par passion, pour ma liberté et pour donner la parole à celles et ceux à qui on ne la donne pas ou peu. Je travaille pour délivrer une vérité.

 

Quelles sont tes plus grandes réussites professionnelles ?

« Les Maternelles » et « L’Amour est dans le pré », qui sont deux émissions marquantes alliant la forme et le fond. La TV peut faire ça, passer des messages.

« L’Amour est dans le pré » m’apporte tellement. A chaque fois, les gens que je rencontre sont vrais, et « terriens ». Les agriculteurs ont une autre façon d’appréhender la vie, le temps qui passe, ça nous recentre et ça fait du bien.

Ma plus grande fierté reste « Une ambition intime » parce que je ne connaissais personne en politique et pourtant, j’ai réussi à le produire en ayant tous les candidats à la présidentielle.

 

Peux-tu nous en dire plus sur ton émission « Les tabous de…» ?

(Dans «Les tabous de…», Karine décryptait préjugés et tabous grâce à des spécialistes et témoignages. Parmi les sujets traités, l'homosexualité, le plaisir féminin, la prostitution, l'argent…)

C’était la première production de Potiche Prod en 2007.

L’idée de cette émission est née 10 ans avant que ça sorte ! La directrice des magazines m’avait dit « On ne peut pas mettre ça à la TV, une jolie fille pour parler de choses sérieuses c’est pas très crédible ». Quelle horreur, venant de la bouche d’une femme en plus…

J’ai dû ranger mon programme, je l’ai ressorti plus tard et on a passé une année formidable à faire cette émission. On avait le sentiment d’arriver à faire dire à une heure de grande écoute, ce que l’on ne disait pas d’habitude, avec un ton libre et sans jugement.

Dans le cadre de l’émission, j’ai été très touchée par une maman qui a adopté un enfant et qui a réussi à produire du lait alors qu’elle n’avait jamais été enceinte. La force du psychisme sur le physique me bouleverse.

J’ai aussi été marquée par le témoignage d’une personne née fille et garçon, à qui on avait imposé le choix d’être fille dans un premier temps, avant qu’il ne décide d’être homme à l’âge adulte. Il expliquait qu’il ne percevait pas le monde de la même façon quand il prenait sa dose de testostérone mensuelle.

 

On peut dire que tu étais prescriptrice de ce qui se passe aujourd’hui sur Instagram sur la libération sexuelle !

On en a toutes marre des tabous liés à la sexualité féminine. Une femme qui assume sa féminité se fait traiter de salope ! C’est ancestral. Beaucoup d’hommes ont peur du plaisir féminin.

Depuis toujours, on a muselé les femmes parce qu’elles sont puissantes, qu’elles donnent la vie, qu’elles peuvent avoir des orgasmes puissants et multiples. Nous sommes capables de faire tellement de choses… Trop nombreux sont ceux qui veulent nous soumettre, encore aujourd’hui.

 

Peux-tu nous parler de ton dernier engagement à ce sujet ?

Mon dernier engagement, c’était la signature de votre pétition pour introduire la représentation du clitoris dans tous les manuels scolaires. Je pense que la frustration sexuelle conduit à une grande tristesse, à la perversité voire à la violence. Le plaisir féminin doit être enseigné pour ne plus être considéré comme sale.

 

Quand as-tu commencé à te sentir féministe ?

Je suis née féministe sans le savoir. Sans père, ni frère, dans une famille de femmes en 1968, j’avais l’intime conviction que personne ne me défendrait en cours d’école et que je devais me protéger seule.

 

Quelles valeurs souhaites-tu transmettre à ta fille ?

Devenir mère a changé mes priorités de vie. Je veux que ma fille soit fière de moi, lui donner une force et une droiture.

Je veux lui inculquer la combativité. Chuter ce n’est pas grave, mais il faut apprendre à se relever. Je lui dis tout le temps « Tu n’as pas appris à marcher en 1 jour, tu es tombée 300 fois et à chaque fois quelque chose t’a poussée à continuer ». C’est la métaphore de la vie.

Je veux aussi lui inculquer l’honnêteté. Pouvoir se regarder dans la glace sans se faire de reproche, avoir un entourage fiable. Les valeurs, c’est ce qui nous pousse vers le haut toute la vie.

 

Comment as-tu vécu ta jeunesse ?

Ce n’est pas facile de grandir. Quand on devient adulte, on regrette d’être moins peinarde qu’enfant, et en même temps, c’est le champ des possibles qui s’ouvre à nous. C’est exaltant et à la fois stressant, on ne sait pas qui on va devenir. Moi j’ai détesté mes 20 ans. Si je pouvais parler à la Karine de 20 ans, je lui dirais « N’aie pas peur, je suis là ».

 

Tes envies pour les années à venir

J’espère continuer à être aimée, des gens que j’aime surtout, et du public aussi. C’est un peu dangereux, mais c’est comme une histoire d’amour avec les téléspectateurs, quand on fait de la TV. Le jour où ça ne marchera plus, je pense que je le vivrai assez mal, et j’espère que j’aurais la décence de partir avant.

Je me passerais bien de la presse people, de leurs mensonges et de leurs inventions. Quand tu dines 2 fois avec un mec, tu n’as pas forcément envie que tout le monde dise que c’est ton nouveau mec. C’est fatiguant.

 

Ci-dessous les recommandations Instagram de Karine :

J’adore qu’Instagram fasse émerger des personnalités et talents qui échappent au système.

 

@Limportante.fr

J’aime évidemment L’importante. J’aime l’idée que la jeune génération s’empare de la suite. J’ai le sentiment que L’importante défend les femmes sans dénigrer les hommes. C’est un féminisme actuel. C’est aussi grâce aux votes des hommes que les femmes ont des droits. Il y a beaucoup d’hommes féministes et on ne le dit pas assez.

 

@celestebarber

Le compte de Céleste Barber. Elle me fait rire. Elle reprend avec humour et dérision des photos de mannequin.

 

@camillelellouche

Camille Lellouche, elle est marrante dans sa normalité névrosée, ça fait du bien !

 

@lesalondesdames

J’adore leur vision de la femme, leur écriture, leur point de vue, leur engagement pro femme et pas anti-mec.

 

Pour suivre ses aventures sur Instagram c'est par ici @karine.le.marchand

 
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