Claire Suco donne du pouvoir aux femmes avec humour

 

Par Delouison

Créatrice de la marque Meuf Paris, qui est Claire Suco ?

Je suis une entrepreneuse de 27 ans qui n'a pas peur de s'engager sur différents chemins. Peu importe si je n'ai pas le background, je vais là où j'ai envie d'aller !

 

Quel est l’objectif de ta marque Meuf Paris ?

L’objectif est de donner du pouvoir aux femmes, de s’amuser des clichés qui sont faits autour des femmes mais toujours avec humour !

 

As-tu l’impression que les femmes se sentent plus en confiance lorsqu’elles portent tes vêtements ?

Ce n’est même plus une impression puisque c’est ce qu’elles nous disent ! C’était le but ! Certaines nous confient qu’elles ont porté notre T-shirt pour se présenter à l’examen du permis, pour se donner du courage. D’autres, sous leurs chemises pour un entretien d’embauche. C’est devenu plus qu’un T-shirt. C’est une force, un moyen de se sentir autrement, de relever des défis.

 

Penses-tu qu’à travers tes messages, le regard peut changer sur la condition de la femme ?

J’espère ! En tout cas, c’est ce que l’on essaie de faire à notre petite échelle. Je pense que l’on apporte un peu de changement et c’est déjà une bonne chose. Beaucoup débattent autour des messages que l’on véhicule sur nos T-shirts, en se demandant par exemple s’il faut employer le terme « chef ou cheffe » ? Alors, je me dis que cela peut changer les mentalités.

 

Porter tes vêtements c’est par définition être féministe ?

Pas forcément. Je pense que beaucoup porte nos vêtements sans être féministe et ça ne me dérange pas du tout. C’est un mot qui reste encore compliqué car la définition n’est pas claire pour tout le monde et parfois même difficile à assumer. Je comprends très bien que certaines adhèrent à nos messages sans être féministe pour autant. On souhaite parler à toutes les femmes et ne pas être dans un « entre soi ». Toutes les femmes comprennent nos messages sans avoir besoin de connaître des termes techniques tels que féministe ou encore féminisme intersectionnel !

 

Tu as créé Meuf Paris en 2017, pourquoi ?

J’avais juste envie de me lancer ! Avant ce projet j’ai fondé une autre entreprise spécialisée dans les solutions naturelles pour les règles douloureuses. Il y avait beaucoup de paramètres à prendre en compte : sanitaire, législatif etc… j’ai donc mis le projet de côté.

L’idée de Meuf Paris est venue d’un constat personnel. Je me suis dit que je voulais avoir des vêtements qui véhiculent des messages féministes ! Je ne pensais pas que cela prendrait une telle ampleur ! 

 

Une phrase que tu préfères parmi toutes tes punchlines ?

Une phrase importante car c’était le premier modèle, c’est le T-shirt « Gros ovaires ».

 

Tu as récemment collaboré avec Angèle pour son clip #Balance ton quoi.

Tu peux nous raconter cette collaboration ?

Nous avons été contactées par Charlotte Abramow qui est la réalisatrice du clip. Elle nous a découvert sur Instagram et nous a demandé, au départ, de faire les sweatshirts. Puis notre collaboration s’est tellement bien passée que l’on a enrichi la collection avec des pulls, des shorts et des polos qui sont dans le clip. On a décidé d’aller plus loin en proposant à Angèle une collaboration sur les vêtements du clip et sur deux créations : un T-shirt et du PQ. Elle a adoré l’idée !

 

Comment as-tu démarré ta carrière ?

J’ai travaillé pendant cinq ans dans le cinéma. J’écrivais des courts et des longs métrages. J’étais assistante réalisateur et assistante de production. J’étais un peu touche à tout.

 

Est-ce que tu t’engages auprès d’associations, de causes ?

Nous reversons 1€ par commande à la Maison des Femmes. Notre collaboration avec Angèle était une belle occasion de leur donner plus. Angèle a aussi voulu reverser des fonds à l’association 320 Rue Haute en Belgique. Ce qui est drôle, c’est que cette dernière c’est un peu la « petite sœur » de la Maison des Femmes.

 

Quels sont tes sujets de prédilection ?

Depuis quelques temps j’essaie de plus « consommer féminin ». Par exemple, lors d’un dîner chez ma sœur j’ai apporté une bouteille de vin faite par une vigneronne. Je m’intéresse aux femmes qui ont des parcours inspirants. Du côté artistique, j’aime soutenir les femmes artistes qui sont autres choses « qu’une femme de » ou « une fille de ».

 

C’est difficile d’être une femme dans le monde de l’entreprenariat ?

Être entrepreneur c’est déjà difficile et ça l’est encore plus lorsque l’on est une femme. On est moins prise au sérieux. Par exemple, lors d’un rendez-vous professionnel, on sert la main de mon associé qui est un homme. Moi, on me fait la bise. Ce sont des éléments anodins mais qui au final ne le sont pas.

 

Où est-ce que tu te vois dans 5/10 ans ?

J’aimerais que l’on ait des magasins en France, en Europe et dans le monde ! Que l’on puisse aider des associations et que l’on devienne une marque globale et installée. Quant à moi, j’espère pouvoir investir dans des projets de femmes. Terminer le roman que j’écris et faire des films et des séries.

 

Depuis quand es-tu féministe ?

Je pense l’être depuis toujours. J’ai grandi avec un père qui aurait préféré que je sois un garçon. Ça m’a marquée et j’ai toujours senti que je devais en faire plus. J’ai toujours trouvé ça injuste que l’on soit traité différemment. Mais le mot féministe je l’assume depuis 3 ans.

 

Qu’est ce qui te plaît dans L’importante ?

Je trouve que c’est un média qui aborde tous les sujets : du sport, à la politique en passant par les règles, il n’y a pas de tabou. C’est accessible, il n’y a pas besoin de s’y connaître.

 

Vous pouvez suivre ses aventures sur Instagram @MeufParis

 
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